Activité au rucher au mois de Juin

Enfin des hausses pleines, satisfaction et récompense de la part de nos avettes que nous avons choyées depuis l'automne, nos extracteurs se sont mis à vibrer pour notre plus grand plaisir; n'oublions pas toutefois que le miel doit être récolté que lorsqu'il est mûr, moins de 20% de teneur en eau pour une bonne conservation, d'où l'intérêt d'attendre l'operculation au 2/3 des cadres de hausses, l'idéal étant l'utilisation d'un réfractomètre.

En attendant, n'oublions pas la vérification tous les sept jours de la présence ou non de cellules royales, celle-ci devra se poursuivre jusque vers le 15 juin. Pour les apiculteurs transhumants, les distances parfois importantes seront un obstacle pour ces vérifications.


Aussi est-il bon de connaître les causes du déclenchement de la fièvre d’essaimage.


En général une modification de l’équilibre hormonal au sein même d’une colonie, entre la reine et les abeilles ou inversement entre les abeilles et la reine aux différents stades de leur vie, provoque ce désir d’essaimage pour une partie de la colonie.

 

Il va de soi que certaines races sont plus essaimeuses que d’autres, avec une différence parfois entre lignées, d’autres facteurs rentrent également en ligne de compte, comme le non renouvellement de cadres à bâtir qui empêche le développement harmonieux de la colonie.


Ainsi, nous constatons sur une année qu’avec de jeunes reines d’élevage, le risque d’essaimage est de moins de 10% alors qu’avec des reines de 3 ans et la diminution des hormones, le risque d’essaimage passe de 30 à 40%, parfois d’avantage si les reines ont été fortement sollicitées lors de transhumance.


Revenons à nos colonies d’abeilles, la dernière miellée de printemps est à présent terminée, mais pour l’apiculteur transhumant la pose des chasse-abeilles et la pose de hausses vides s’imposent avant le transfert en forêt d’acacia ou plus précisément sur le faux robinier.


Tout un travail préliminaire :
retirer les dernières hausses pleines, s’assurer que les ruches sont suffisamment fortes , avec au minimum 8 cadres de couvains, retirer le ou les cadres de miel de réserve, compenser éventuellement avec des cadres de couvain operculés récupérés dans une ruche d’appoint.


Vérifier une dernière fois la non présence de cellules royales, la présence de la reine ou de couvain frais (larve de moins de 24h). Pose de 2 hausses vides pour donner du volume, une grille d’aération en guise de couvre cadre pour assurer une bonne ventilation lors du transport en fonction des distances, pose du toit et cerclage par 2 tendeurs souples de l’ensemble.


Il va de soi que chaque visite de colonie fait l’objet d'observations et de notations.


Les premières fleurs d’acacia s’ouvrent, c'est le top départ de bon matin à la fraîche. Fermeture des entrées de ruches et chargement de celles-ci pour le transfert en forêt à minima plus de 4 kms du lieu pour éviter le retour des butineuses au rucher initial.


Sur place, sans attendre, pose des supports, dépose des ruches, ouverture des entrées, et après une petite pose, remplacement des grilles d’aération par les couvre- cadres.
Dernière vérification que tout est en ordre, il ne reste plus qu’à souhaiter de belles journées ensoleillées et une bonne récolte à nos butineuses, sachant que la miellée sur l’acacia s’étend au maximum sur une quinzaine de jours.

 

Fin juin, le printemps cédera sa place à l'été, le solstice marquera le point haut du développement de nos colonies, avant de décroitre lentement.


Ainsi, l’apiculteur transhumant déplacera ses ruches pour récolter l’acacia, le tilleul, le châtaignier pour terminer fin juin début juillet dans les forêts de sapin.


Pour l’apiculteur sédentaire, après le miel de printemps il faudra patienter pour le miel d’été et certaines années si dame nature est généreuse une récolte avec un miellat de forêt.

 

 

Bonne récolte à tous.