Activité au rucher au mois de Mars


Si les températures actuelles tournent autour de zéro degré les nuits, les journées sont relativement clémentes entre 7 et 9°, toutefois l'hiver n'est pas fini... Mars, reste le mois de la vigilance et de la surveillance des provisions, à la stimulation prochaine ou non des colonies et à l'observation au trou de vol très révélateur sur la situation de nos colonies dès la remontée des températures au-delà de 10°.

 

Nous avons effectué deux interventions en février.

 

1) Un traitement de contrôle de la présence de varroas par dégouttement d'un sirop à base d'acide oxalique, à la lecture des langes, les résultats obtenus nous rassurent et confortent le bon résultat du traitement apivar mis en place fin août. Sur les 50 colonies traitées nous comptabilisons par ruchette de 1 à 6 varroas maximum ce qui est très rassurant.

2) une visite ponctuelle et très rapide de deux de nos ruches avec une température extérieure de 14° à 13h, celle ci à permis de constater une ponte conséquente de sa majesté la Reine (ronds de 5 à 15cm sur 4 cadres). Si ces belles journées relativement douces de février se poursuivent en mars, nos abeilles vont rapidement se mettre au travail. Les crocus, pervenches et autres fleurs de printemps sont en avance et attendent déjà nos avettes, de quoi approvisionner rapidement en pollen frais, indispensable pour le bon développement du couvain et de la colonie Comment agir dans les prochaines semaines !. En premier lieu, garder en mémoire que nos abeilles se règlent sur l'horloge biologique par rapport à un environnement au sens large et non à notre souhait.

Les provisions:

La reine va assurer une ponte de plus en plus importante au fil des jours, nos abeilles assureront le nourrissement des larves, les ronds de couvain vont s'agrandir. Pour ceux qui n'ont pas été généreux au nourrissement d'automne, il convient de réagir par rapport aux ruches les plus légères par un apport en miel ou candi à positionner directement au dessus du trou central du couvre cadres en attendant de pouvoir faire mieux, sans oublier de bien isoler le dessus de la ruche avant de repositionner le toit.

Pour ceux qui souhaitent stimuler leurs colonies; un préalable, "estimer" le début de la première miellée. Dans notre région l'idéal est d'obtenir une montée en puissance de nos butineuses généralement à partir de la troisième semaine d'avril, avec la floraison des fruitiers, pissenlits, colza etc.

Pour atteindre l'objectif, nous comptabiliserons 21 jours de la ponte de l'œuf à la naissance de l'abeille, 21 jours ou les jeunes abeilles exercent différents rôles à l'intérieur de la ruche avant de devenir butineuses. Aussi, le point de départ de la stimulation se situe 42 jours au minimum avant la miellée, nous stimulerons donc nos colonies dès lors que nous atteindrons des températures extérieures proches de 13° à 15°.

Une autre technique intéressante pour démarrer tôt si les températures ne sont pas clémentes, consiste à verser dans un sac souple type congélation un sirop eau sucre 50/50 additionné éventuellement de vitamines, de fermer hermétiquement le sac après avoir fait le vide d'air. Retirer le toit de la ruche et son couvre cadres. Déposer le sac contenant le sirop sur les cadres au dessus de la grappe d'abeilles tout en perforant le sac en son milieu avec la pointe d’un clou, se sont les abeilles en absorbant le sirop qui assureront le goutte à goutte, retourner votre nourrisseur de dimension de la ruche au dessus. Si vous disposez d'un film plastique sur le dessus de la ruche, il suffit de faire une petite découpe ronde dans celui-ci au dessus de la grappe, de déposer comme précédemment sans oublier de perforer le sac en son milieu, ce film plastique évite le dérangement et le refroidissement de la grappe. Puis il suffit de retourner le nourrisseur au dessus de la ruche et du sac contenant le sirop pour donner du volume, de repositionner l'isolant et le toit.

Stimulation directement par le nourrisseur, préparation d'un sirop 50/50 (eau-sucre) ou mieux encore infusion de plantes et miel, servir tiède par quantité de 300 à 500 ml tous les 2 à 3 jours (fastidieux mais efficace) dans un premier temps en fonction de la force des colonies et de la température extérieure, car ce sirop devra être absorbé en milieu de journée par la colonie. Au fil des jours avec des températures en hausse et un développement harmonieux des colonies, la quantité de sirop pourra être augmentée pour éviter les allées et venues. 

Ecoute et observation au trou de vol:

Nous devons savoir ce qui se passe à l'intérieur de la ruche. Au fil des années, avec un peu d'expérience, vous percevrez des bruits; une différence de bruit par rapport à l'ensemble des ruches doit vous mettre en alerte, en général nos abeilles réchauffent leurs muscles en produisant des vibrations constantes et régulières. Lorsque la situation est normale vous entendrez un ch-ch-ch permanent. Ce bruissement peut varier en fonction des conditions météo extérieures, subitement très froides ou très chaudes, ou encore un bruit extérieur fort fera réagir nos abeilles avant de retrouver le calme. Il est très difficile d'exprimer ces bruits, chaque apiculteur devra mémoriser ces différents bruissements. 

L'observation du plancher est très révélateur sur l'état de la colonie. Le fond de ruche avec un lange permet une bonne lecture et analyse de la situation, le positionnement de la grappe, son volume, la présence de grosses particules de cire, signe de la présence d'un rongeur etc.

Au trou de vol, lors d'une journée aux températures clémentes, nous observerons:

  • nos abeilles butineuses chargées de pollen frais.
  • nos abeilles porteuses d'eau, d'où la nécessité de mettre en place notre abreuvoir dès maintenant.
  • nos abeilles en vol stationnaire face à la ruche pour prendre leurs points de repères.
  • quelques abeilles qui battent le rappel sur la planche de vol pour leurs sœurs égarées.
  • mais aussi parfois suivant les années, l'évacuation de larves, de nymphes, suite à un coup de froid que nos abeilles insuffisamment nombreuses n'ont pu couvrir en présence d'un couvain abondant.

Plus inquiétant, la présence de fortes déjections sur le plancher: Signe de nosémose ? L'apiculteur pourra se faire conseiller par le spécialiste apicole local.

Pour ceux qui ont suivi notre conseil de placer un film plastique sur le corps de ruche, ils pourront observer par le dessus le développement et l'agrandissement des colonies en attendant la grande visite de printemps. N'oubliez pas de prendre des notes.

 

Bonnes observations et rendez-vous en avril !